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Hommage à Claudine Hermann, première professeure nommée à polytechnique

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Claudine Hermann, physicienne et première professeure nommée à l’École polytechnique en 1992, est décédée le 17 juillet 2021.

Cette physicienne renommée a marqué les esprits et les cœurs par son engagement pour les droits des femmes et la promotion de leur place dans le monde scientifique. En 2005, elle fonde l’European Platform of Women Scientists (EPWS) pour porter au niveau européen « la voix des femmes scientifiques ». Elle est également co-fondatrice en 2000 de l’association Femmes et Sciences dont elle a encouragé les relations avec l’AFDESRI.

“Il faut montrer que des femmes font ces métiers et ont du plaisir à le faire”

Claudine Hermann

Dès 1997, Claudine Hermann s’engage dans la lutte pour l’égalité femmes-hommes dans les sciences et les techniques. Au sein du groupe Demain la parité, elle participe ainsi aux études pionnières sur la place des filles dans les classes préparatoires et les grandes écoles scientifiques. Elle est coauteure du rapport du groupe de travail « Femmes et sciences » du réseau ETAN, Intégrer la dimension du genre, un facteur d’excellence en 2000, qui présente un état des lieux détaillé et des recommandations concrètes à l’intention de l’Union Européenne et des États membres. Claudine Hermann a également suivi les développements de cette question en France par la direction de l’Enseignement supérieur du ministère de l’Éducation Nationale ainsi que par le Centre national de la recherche scientifique. Elle était également adhérente de longue date de l’Association Femmes et Mathématiques.

Spécialiste de physique des solides, ses travaux scientifiques ont porté sur le pompage optique dans les semi-conducteurs, la photo-émission d’électrons polarisés et l’optique en champ proche. Elle est agrégée-préparatrice à l’École normale supérieure de jeunes Filles (ENSJF), dont elle avait été élève (1965 S), avant d’être recrutée comme maîtresse de conférences à l’École polytechnique (1980), où elle est nommée professeure en 1992, vingt ans après l’ouverture du concours du Cycle ingénieur aux femmes et 198 ans après la création de l’Ecole. De 1980 à 2005, elle est directrice-adjointe du Laboratoire de physique de la matière condensée (PMC). Elle devient professeure honoraire en 2005.

Nous nous souviendrons de Claudine Hermann comme d’une femme battante et d’une belle intelligence, qui restera un symbole et un exemple pour toutes et tous dans la lutte pour l’égalité des femmes et des hommes dans les formations et les métiers scientifiques à tous les niveaux.

Crédit photos : Collection École Polytechnique 

Formation “briser le plafond de verre” – juin 2021

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Après le succès de l’édition 2019, la formation « briser le plafond de verre » devait être reconduite en 2020. Avec la crise sanitaire, le séjour à plusieurs fois dû être reporté. Nos organisatrices et organisateurs ont de la ressource et ont fait preuve de résilience pour concocter un programme passionnant pour cette deuxième édition de la formation qui s’est finalement déroulée les 21 et 22 juin 2021.

La formation a rassemblé une vingtaine de participantes avec pour objectif l’évolution professionnelle. C’est une belle énergie collective qui a encouragé une vingtaine de participantes à repousser leurs limites pour répondre aux exercices proposés par les coachs Annie Cattan et Didier Bras.

 

Objectifs de la formation :

  • Identifier des clés pour réussir professionnellement sans s’épuiser
  • Partager des informations, des outils, des bonnes pratiques
  • Développer son réseau et le réseau AFDESRI

 

 

Petit retour en image…

C’est dans un esprit jovial et bienveillant que s’est finalement déroulée cette deuxième édition de la formation « briser le plafond de verre ». Les participantes garderont sans aucun doute des souvenirs inoubliables de ce séjour intense et riche d’apprentissages.

 

À l’année prochaine !

Session conclusive du cycle de formation AFDESRI – CPU

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Perturbé par la crise sanitaire, le cycle de formation pour les femmes dirigeantes de l’ESRI a tenu bon et n’a pas manqué de convivialité malgré le format distanciel.

La session conclusive du cycle 2020 – 2021 organisé par l’AFDESRI, la CPU et l’UPE s’est tenue les 3 et 4 juin dernier. Ces deux journées ont été l’occasion pour les participantes de revenir sur leurs expériences tout au long d’un cycle dont elles soulignent “la richesse”. Il est effectivement une ouverture sur de nombreux sujets liés à l’ESRI. Ces apprentissages sont d’autant plus appréciés dans un climat jovial et de confiance.

“Ouverture vers des carrières et des réseaux au delà de l’ESRI” était le thème de cette session de clôture. Déroulé :

  • Une carrière allant de la recherche à la diplomatie scientifique
    • Intervention de Minh-Hà Pham, conseillère scientifique à l’ambassade de France à Londres, suivie d’un débat

  • Égalité femmes-hommes dans les entreprises et accès des femmes à des postes de dirigeantes
    • Intervention de Marie-Christine Oghly, présidente des Femmes Cheffes d’Entreprises Mondiales et Présidente de la Commission Education, Formation, Compétences du MEDEF, suivie d’un débat

  • Les réseaux féminins du public et du privé et leur action vers les entreprises et vers les politiques
    • Intervention de Françoise Derolez, Directrice Associée chez Grant Alexander, Co-Présidente de PWN Paris (Professional Women’s Network) et Vice-Présidente de 2GAP (Gender and Governance Action Platform), suivie d’un débat

Les trois intervenantes ont également partagé leur expérience en dressant leur autoportrait.

Pour la dernière journée de formation, les participantes ont restitué leurs travaux de groupe sur les thèmes :

  • La qualité de vie au travail
  • L’ESR en Europe et dans le monde
  • Rayonnement, attractivité, lien entre université et territoire
  • Enjeu climat – énergie
  • Différentiation des établissements

 

Un grand merci aux organisatrices Anne Boutin, Claire Dupas-Haeberlin, Anne Kupiec, Armande Le Pellec Muller et Hélène Louis. Rendez-vous bientôt pour un prochain cycle !

Les métiers de la coopération, de la culture et de la recherche dans le réseau diplomatique – compte rendu du webinaire du jeudi 15 avril 2021

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L’association Femmes&Diplomatie à organisé un séminaire en ligne pour évoquer les opportunités de carrière dans le réseau de coopération, de la culture et de la recherche. Le 15 avril dernier, l’événement à réuni Marie Buscail, COCAC au Liban, Cécile Frobert, COCAC en Tanzanie, Minh-Ha Pham, Conseillère pour la science et la technologie à Londres, et Jean-François Pactet, directeur adjoint de DCERR. Hélène Roos, vice-présidente de F&D, et elle-même COCAC en Roumanie, en a modéré les débats.

Engagée pour accompagner les femmes du MESRI dans l’accession de postes à responsabilité, l’AFDESRI a eu le plaisir d’être invitée à participer au débat et y a été représentée par Minh-Hà Pham, membre du conseil d’administration. Voici les éléments clés à retenir des interventions et des échanges du webinaire :

4500 agents dont une majorité d’ADL et 1700 expatriés évoluent dans le réseau culturel. Ce réseau offre 113 postes universitaires et scientifiques, occupés à 36% des femmes.

25
Sur les 124 COCAC, 25% sont des femmes, un taux de féminisation plus faible que celui des ambassadeurs.

Les candidates doivent prendre en compte trois enjeux pour entrer dans ce réseau :

  1. la dimension technique sur un champ large (culture, éducation, coopération, recherche) requiert un investissement initial significatif.
  2. l’encadrement, la gestion d’équipe et plus généralement les relations humaines occupent une part conséquente de l’activité. Un intérêt prononcé pour ces fonctions est donc nécessaire.
  3. Un poste dans le réseau doit s’inscrire dans un parcours de carrière pour développer sur le long terme les expertises et compétences qu’on y acquiert pour construire un parcours dédié à l’influence. Un poste dans le réseau se conçoit autant en début qu’en milieu de carrière.

Pour Marie Buscail qui a été VIA au SCAC au Yémen, dans la filière politique et actuellement COCAC au Liban, la gestion d’un des plus importants réseaux nationaux d’Institut français s’apparente à la gestion d’une PME. Le métier combine donc cette dimension entrepreneuriale avec une forte dimension de stratégie, les IF étant des établissements autonomes financièrement mobilisant 70% de ressources propres, et le conseil politique de l’ambassadeur sur les questions culturelles et de coopération. Viennent s’y ajouter également les relations publiques, particulièrement importantes dans un pays comme le Liban

Cécile Frobert fait face aux mêmes enjeux en Tanzanie, gérant un important  réseau d’alliances françaises (de droit local). Son poste se partage entre contacts politiques de haut niveau (présidence, ministères) et gestion d’une équipe aux profils, parcours et statuts divers. Au niveau politique, elle définit la stratégie de coopération de l’ambassade et gère les interactions avec les autres bailleurs et au niveau interne. Au sein du réseau, la gestion des établissements scolaires l’amènent à aborder tant des questions immobilières que bancaires. Evoluer dans des postes en Afrique requiert d’avoir une appétence confirmée pour les relations humaines.

Minh-Hà Pham qui a occupé plusieurs postes de direction au CNRS ainsi que les postes d’attaché scientifique à Washington et actuellement à Londres, souligne que les représentantes du MESRI en entrant dans le réseau doivent accepter d’élargir leur expertise technique et se familiariser avec la culture diplomatique comme accepter de nouvelles règles hiérarchiques. Une certaine pédagogie pour accompagner les mobilités est donc nécessaire pour que les partantes puissent se préparer et se familiariser à leur nouvel environnement professionnel.

La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle s’organise dans le contexte de la répartition des tâches entre l’ensemble des agents du SCAC, les postes sont donc accessibles à celles qui souhaitent préserver leur vie de famille.

Les questions de gestion administrative et financière ne nécessitent pas une spécialisation spécifique au préalable, les COCAC pouvant s’appuyer sur des secrétaires généraux et des agents comptables de qualité. Par ailleurs, la sous-direction du réseau a pour mission d’appuyer les SCAC/IF dans la mise en œuvre de leurs missions.  En revanche, se familiariser au langage des opérateurs comme à celui des universitaires et scientifiques peut faciliter la prise de poste. Il est par ailleurs de la responsabilité des COCAC de faire œuvre de pédagogie pour expliquer aux personnels extérieurs au ministère au sein de leurs équipes le fonctionnement et la culture de ce dernier. Enfin, les réunions régionales du réseau, les journées des opérateurs (IF et Campus France) et du réseau facilitent les partages d’expérience et de bonnes pratiques.

Envisager tôt un passage par le réseau culturel ne constitue pas un risque d’enfermement dans une filière, les carrières au ministère nécessitant d’évoluer d’un domaine d’expertise à un autre. En revanche, l’expérience de la filière politique est un avantage dans les grands SCAC/IF.

Nous espérons que ces témoignages enthousiastes et les échanges riches qu’ils ont suscités auront suscité des vocations dans la filière culturelle.

Dominique Costagliola : récompensée par le Grand prix de l’Inserm pour son investissement dans la lutte contre la COVID-19

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Dominique Costagliola est directrice de recherche à l’Inserm et directrice adjointe de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique.

Elle obtient sa maîtrise de physique à l’Université Pierre-et-Marie-Curie (1975) avant d’être admise à Télécom Paris et de se spécialiser en génie biologique et médical. En 1981, elle soutient se thèse de doctorat de troisième cycle en biomathématique à l’université Paris VII.

Spécialiste du VIH et des maladies infectieuses, elle est récompensée en 2013 par le prix Inserm de la recherche pour ses travaux sur le sujet. L’année suivante, l’épidémiologiste est nommée officier de la Légion d’honneur et, en 2017, est élue membre de l’Académie des sciences.

Dès janvier 2020, elle s’investie dans la lutte contre la COVID-19 en répondant à l’appel du consortium Reacting de l’Inserm qui coordonne la recherche sur les épidémies de maladies émergentes. Cet investissement est récompensé par une des plus hautes distinctions scientifiques française, le Grand prix de l’Inserm.

Dominique Costagliola a su faire entendre ses analyses pertinentes et critiques tout au long de la crise sanitaire. Elle est ainsi intervenue à la table ronde « dirigeantes en temps de crise » à l’occasion du 6ème séminaire de l’AFDESRI. Son parcours et la visibilité qu’elle a acquis dans les médias sont inspirants pour toutes les femmes.

Caroline Pascal : le parcours inspirant d’une femme cheffe de l’IGESR

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Ancienne élève de l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud, Caroline Pascal est agrégée d’espagnol (1990) et Docteure des Lettres à la Sorbonne (1998).

Parallèlement à son activité d’enseignement, Caroline Pascal publie des traductions de romans espagnols, chez l’éditeur Plon.

Nommée inspectrice générale de l’Éducation nationale en 2009, elle est doyenne du groupe des langues vivantes entre 2013 et 2018. En mars 2018, elle devient doyenne de l’Inspection générale de l’Éducation nationale.

Enfin, au 1er octobre 2019, Caroline Pascal est nommée cheffe de la toute nouvelle Inspection Générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche (IGESR), laquelle fusionne depuis la même date l’IGEN (Inspection Générale de l’Éducation Nationale), l’IGAENR (Inspection Générale de l’Administration de l’Éducation Nationale et de la Recherche), l’IGJS (Inspection Générale de la Jeunesse et des Sports) et l’IGB (Inspection Générale des Bibliothèques). À ce titre, elle supervise les travaux conduits par 280 inspecteurs généraux et elle pilote une structure organisée en cinq collèges (Pédagogie ; Établissements et politiques éducatives ; Enseignement supérieur et Recherche ; Jeunesse et sport ; Bibliothèques) ainsi que six pôles transversaux dont les missions d’appui, d’expertise, d’évaluation et de contrôle couvrent le très vaste champ des politiques publiques de la Formation, de l’Éducation et de la Recherche.

Qu’une femme s’impose dans un poste si important, impliquant de hautes responsabilités et au moment du lancement d’une telle structure, ne peut que mettre en lumière, pour d’autres femmes, tous ces potentiels.

Par ailleurs, elle préside, depuis le mois de mars, un comité de pilotage opérationnel installé auprès de Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal sur le sujet de la réorganisation des concours nationaux en raison de la crise sanitaire due au Covid-19.

Esther Duflo : deuxième femme et plus jeune prix Nobel d’économie en 2019

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Diplômée de l’ENS Paris (histoire et économie) et détentrice d’un doctorat en économie du MIT (1999), Esther Duflo a été titularisée au MIT, en 2004, comme professeure d’économie/ Elle a éga-lement été directrice du Poverty Action Lab jusqu’en 2005. Depuis lors, elle codirige l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab, fondé avec Abhijit Banerjee et un autre économiste, occupant par ail-leurs la chaire « Abdul Latif Jameel » en tant que professeure, sur la lutte contre la pauvreté et l’économie du développement. Elle est en outre détachée à la Paris School of Economics, courant 2007. Elle a été la première titulaire d’une chaire au Collège de France sur les « Savoirs contre la pauvreté ».

En 2005, elle remporte le prix « meilleur.e jeune économiste français.e » ; la médaille John Bates Clark en 2010 ; la médaille de l’innovation du CNRS et la Thomas C. Schelling Award (Harvard Kennedy School) en 2011 ; les prix Albert O. Hirschman et Ema Hamburger (EPFL Wish Founda-tion) en 2014 ; ainsi que le Princess of Asturias Award (sciences sociales) et le A.SK Social Award (WZB Berlin Social Science Center) en 2015.

Du fait de ses travaux, essentiellement réalisés en Inde, Esther Duflo avait été choisie en 2013 par l’équipe de Barack Obama (alors président des États-Unis), afin de devenir l’un.e des membres tra-vaillant sur les questions de développement mondial, au sein du Comité pour le développement mondial.

Le 14 octobre 2019, à l’âge de 46 ans, Esther Duflo a reçu le prix de la Banque de Suède en sciences économiques, plus connu sous le nom de Prix Nobel d’économie, en mémoire d’Albert Nobel. Son « approche expérimentale de la lutte contre la pauvreté dans le monde » a séduit l’Académie royale de Suède, qui décerne ce prix.

Frédérique Vidal (Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation), le jour-même, a adressé ses félicitations à Esther Duflo. Elle est la plus jeune lauréate et la première Française à obtenir ce Prix : voilà « un très bel exemple de science engagée au plus haut niveau pour agir et changer profondément les choses » (F. Vidal). En effet, la part de femmes au sein du monde des économistes n’étant pas élevée, ce Prix Nobel fait exception ; d’autant qu’Esther Duflo le partage avec son mari (Abhijit Banjerjee) et l’américain Michael Kremer. Tous trois sont récom-pensés pour leurs études sur la pauvreté dans le monde.

Son livre « Repenser la pauvreté », co-écrit avec son mari, a reçu le prix du livre économique de l’année Financial Times/Goldman Sachs en 2011.

En mars 2020, le dernier livre écrit par Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee est paru : ” Economie utile pour des temps difficiles “.

“Si on ne demande pas leur avis : elles le donnent !”, retour sur le séminaire 2021

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 Le sujet du séminaire 2021 de l’AFDESRI, le 6ème en date, qui s’est déroulé le 22/01/2021 en mode virtuel, est celui de la place des femmes dans la crise multiforme que nous traversons. D’autres crises (majeures) ont mis en lumière le rôle que peuvent y tenir les femmes, comme celle de la dernière guerre mondiale qui a vu l’entrée massive des femmes dans les usines. Les femmes découvraient qu’elles pouvaient être en charge d’un foyer et contribuer par le travail salarié à la société.  Il en a découlé une vraie révolution avec l’accès très large des femmes au travail salarié.

La crise actuelle contient-elle les germes d’une vraie transition ?

 

La première table ronde du séminaire a réuni Emmanuelle Garnier, Présidente de l’Université Toulouse-Jean Jaurès, Dominique Costagliola, Directrice de recherche à l’Inserm et membre de l’Académie des sciences et Laurence Corvellec, DGS de l’ENS, sur le thème « Dirigeantes en temps de crise ». Elle était animée par Claire Dupas-Haeberlin, membre du CA de l’AFDESRI. Les dirigeantes de cette table ronde portent un regard circonstancié mais positif sur, d’une part ce qui a été réalisé pour le collectif en termes d’adaptation et d’agilité, de solidarité et de confiance, de réinvention d’un système (constat du « petit miracle »  (sic)) et d’autre part de mise en lumière de problématiques majeures comme la socialisation étudiante et  la capacité à gérer de l’incertitude sur le long terme. Au plan du travail et de la carrière des femmes de l’ESRI, cette crise a révélé de façon accrue la superposition de la gestion familiale et du télétravail qui a souvent pesé sur elles, et si le nombre de publications et de projets déposés pendant cette période a globalement augmenté, la part des femmes y a diminué.

La deuxième table ronde intitulée « Elles pensent le monde de demain » a permis de croiser les regards d’Agnès Arcier, haute fonctionnaire et présidente de la commission Parité du HCE, Marie-Noëlle Semeria, Directrice de la R&D de Total et Valérie Verdier, PDG de l’IRD ; elle était animée par Armande Le Pellec Muller, membre du CA de l’AFDESRI. L’expérience liée à la crise Covid-19 a souligné combien, en dépit de la présence d’expertes dans tous les domaines, les femmes ont été encore trop peu sollicitées dans les lieux de décision et peu visibles dans les médias.

De ce dialogue à trois voix, enrichi des réactions de la salle, certaines analyses pointent la meilleure visibilité que vont apporter les obligations de la loi sur la transformation de la Fonction Publique sur les questions de parité F-H dans le cadre des plans d’action égalité dans tous les établissements publics, ou encore ce qu’une plus grande mixité de la gouvernance publique peut permettre en termes de progrès. Le lien entre cette crise sanitaire et la crise environnementale globale est tissé tous les jours, et au sein de celle-ci, les femmes constituent 50% du pouvoir d’action. Le partage de gouvernance semble un élément de  meilleure efficacité de l’action publique ou privée et pour cela, différentes actions (quotas, éga-conditionnalité, etc.) doivent être mises en œuvre. La crise impose de renforcer l’interdisciplinarité, oblige à « chercher autrement », à orienter la science vers les solutions qui deviennent objet de recherche. Dans cette dynamique les femmes apportent « cette différence qui fait bouger les lignes et ouvre de nouveaux horizons » dans un monde de connectivité, de solidarité, de prise de conscience du collectif et du singulier. Un témoignage de mentorat a souligné l’impact essentiel de la formation de jeunes chercheuses dans des pays du Sud, pour constituer le vivier des femmes leaders dans le monde de demain.

La députée Céline Calvez, membre de la Délégation aux Droits des Femmes, autrice du rapport « La place des femmes dans les media en temps de crise » (août 2020) et co-autrice du rapport d’information « Femmes et sciences » (2018), a montré, dans son propos conclusif, comment cette crise a mis en évidence l’invisibilité des femmes dans les médias, aggravée durant la crise, et leur absence accrue dans des prises de décisions rapides et non réglementées alors que le vivier existe.

Céline Calvez avance quelques pistes pour renforcer cette présence des femmes, comme la mise place de formations (expertise à la prise de parole, médiatraining, vulgarisation scientifique, etc.), la création d’un baromètre annuel de la représentativité des femmes ou celle d’un observatoire de la parité et de l’égalité F-H dans les médias.

Cette crise sanitaire est très probablement le début d’évolutions majeures dans nombre de secteurs : économie, commerce, production, formation, place des politiques publiques et de leurs autrices et auteurs, etc. Si l’on veut cultiver ce germe pour renforcer la place des femmes dans la société, nous pouvons être sûres et sûrs que « cela n’ira pas de soi ». D’où le titre général du séminaire 2021 : « Si on ne leur demande pas leur avis, elles le donnent ! ». Des constats ont été faits lors du séminaire, des questionnements ont été éclairés, et les associations comme l’AFDESRI ont un rôle majeur à jouer pour que cette crise puisse aboutir à une parité valorisée et valorisante dans la vision et la mise en œuvre du monde de demain. C’est pour accroître notre impact que nous collaborons sur la question des femmes dans les lieux de pouvoir au sein de 2GAP « Gender and Governance Action Platform » avec d’autres réseaux comme Femmes de l’Intérieur, Femmes de Justice, Femmes et Diplomatie, Cultur’elles, etc., au total une quarantaine d’associations des secteurs public et privé.

Grand merci de votre participation à ce séminaire et à très bientôt !

Le CA de l’AFDESRI

Le cycle des formations Afdesri – UPE – CPU se poursuit en 2021

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Le cycle de formation pour les femmes dirigeantes de l’ESRI, organisé conjointement par l’Afdesri, l’Université Paris Est et la CPU, ont été en partie reportés du fait de la crise COVID. Ils ont repris le 6 novembre 2020 à distance et se poursuivent en 2021.

Retour sur les sessions de février et d’avril derniers.

Programme de la rencontre

Retrouvez le programme complet du cycle de formation 2020-2021.

Visualiser le programmeVisualiser le programme

Séminaire des 8 et 9 avril 2021

Animé par Anne Boutin et Claire Dupas-Haeberlin, le dernier séminaire de formation s’est déroulé les 8 et 9 avril 2021 sur les thèmes recherche et éthique.

La place des femmes en recherche en France et en Europe

  • Anne Pépin, directrice de recherche CNRS, détachée auprès de la commission européenne
  • Ghislaine Filliatreau, directrice de recherche, déléguée à l’Intégrité scientifique, Inserm

La Recherche : points de vue sur les évolutions et les perspectives en France et dans le monde

  • Alain Fuchs, président de l’Université Paris Sciences et Lettres
  • Sandra Laugier, professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, philosophe
  • Anne Renault, directrice de recherche au CNRS, directrice scientifique de l’Ifremer

Séminaire des 4 et 5 février 2021

Le nouveau format webinaire n’a pas privé la session des 4 et 5 février 2021 de débats animés et passionnants !

Dimension stratégique du pilotage des établissements et évolution de la formation dans les établissements, tels sont les sujets autour desquels les participantes ont pu échanger durant ces deux journées de formations, animées par Armande Le Pellec Muller et Anne Kupiec.

Dimension stratégique du pilotage des établissements

  • Frédéric Dehan, DGS de l’UPEC
  • Isabelle Halleux, directrice de la recherche et du développement de l’université de Liège, évaluatrice des candidatures au label européen HRS4R
  • Hélène Jacquot-Guimbal, ancienne directrice générale de l’IFSTTAR, ancienne présidente par intérim de l’Université Gustave Eiffel

Stratégie et évolution de la formation dans les établissements

  • Françoise Moulin-Civil, conseillère site et établissement au MESRI, ancienne rectrice et ancienne présidente d’université
  • Xavier Tripoteau, conseiller ESR à la DGESIP, ancien vice-président de la commission Formation et Vie Universitaire de l’université de Bretagne-sud
  • Isabelle Demachy, vice-présidente Formation innovation pédagogique et vie étudiante de l’université de Paris-Saclay

Groupes de travail

À chaque séminaire de formation, les participantes s’organise en groupe de travail pour se focaliser sur les thématiques suivantes :

  • La qualité de vie au travail
  • L’ESR en Europe et dans le monde – Pilotage de la recherche
  • Rayonnement, attractivité, lien entre université et territoire
  • Enjeu climat – énergie
  • Différentiation des établissements

Prochaines sessions de formation

Rendez-vous les 3 et 4 juin pour la séance conclusive du cycle de formation 2020-2021 ! À cette occasion, le séminaire s’intéressera aux carrières de la recherche et de la diplomatie scientifique, à l’égalité femmes-hommes dans les entreprises et aux réseaux féminins du public et du privé. La session sera clôturée par un retour d’expérience et un bilan du cycle.

6 ème séminaire de l’AFDESRI. “Si on ne demande pas leur avis, elles le donnent !” – 22 janvier 2021

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L’AFDESRI vous propose de débuter l’année 2021 avec un nouveau séminaire-wébinaire : ” Si on ne demande pas leur avis, elles le donnent !

Pour cette nouvelle édition de son séminaire annuel, l’AFDESRI propose un échange et un débat sur le vécu et la vision des femmes en position de dirigeantes pendant la période de pandémie passée et à venir. Ce débat parait absolument nécessaire afin de tirer partie de nos expériences lors de cette période très particulière et d’orienter notre action future. Car sans anticiper sur l’issue de cet événement, il y a du travail !

Vous trouverez le programme du webinaire en suivant ce lien et pour vous inscrire, c’est par ici !

Notez que les inscriptions sont obligatoires pour obtenir le lien de participation au wébinaire.

À la suite du wébinaire, l’AFDESRI tiendra son Assemblée Générale à partir de 14h00.