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Quelle place pour le genre dans le programme cadre PCRD Horizon Europe 2021-2027 ?

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Juin 2018

Premier Memorandum de l’association européenne des femmes scientifiques EPWS

Juin 2018, alors que les premières annonces relatives au prochain PCRD Horizon Europe (2021-2027) sont publiées par la Commission européenne, l’association européenne EPWS (European Platform of Women Scientists) appelle à intégrer la dimension de genre dans les appels à projets et à prévoir une gouvernance paritaire. L’AFDESRI publie les recommandations de l’association EPWS et soutient son action.

Qu'est-ce que EPWS ?

L’European Platform of Women Scientists EPWS (www.epws.org), est une association internationale rassemblant des associations de femmes scientifiques de toutes disciplines et des organisations engagées pour l’égalité femmes-hommes et pour l’intégration de la dimension du genre dans la recherche. Elles sont issues des états membres de l’Europe des 28 et des pays associés aux programmes cadres de recherche et développement (PCRD) européens. EPWS se veut la voix des femmes scientifiques dans la politique de recherche européenne.

Les recommandations d’EPWS

La Commission européenne a publié en juin 2018 une première proposition de règles de fonctionnement du prochain PCRD Horizon Europe (2021-2027). EPWS, après avoir rappelé le fort impact qu’ont eu, dans les états membres, les dispositions des programmes cadres précédents sur l’égalité femmes–hommes et la dimension du genre dans la recherche, réagit à cette proposition dans son Memorandum « Courageous Revolution speeds up Evolution » https://epws.org/first-epws-memorandum-on-horizon-europe/, et appelle à une intégration plus conséquente de ces deux points dans Horizon Europe.

La proposition de la Commission prévoit trois piliers pour ce PCRD : Science ouverte ; Défis globaux et compétitivité industrielle ; Innovation ouverte, qui ont pour objectif général de renforcer l’Espace européen de la recherche.

Sur le pilier Science ouverte, EPWS recommande une mise en œuvre et un suivi obligatoires de l’égalité entre les femmes et les hommes et de l’intégration de contenus et méthodes de la dimension du genre dans la recherche ; elle réclame aussi une gouvernance de ce pilier avec une notion d’« excellence sensible au genre », plus ouverte et inclusive.

A l’intérieur du pilier Défis globaux et compétitivité industrielle, la Commission propose de créer un certain nombre de « Missions ». EPWS demande que le développement et la gestion des Missions soient sensibles au genre. EPWS recommande aussi la création d’une Mission particulière dévolue à l’égalité femmes-hommes et à la dimension du genre dans le contenu de la recherche.

EPWS insiste sur le fait que le troisième pilier Innovation ouverte doit aussi prendre en compte le genre. Pour cela il faut adopter un concept d’innovation inclusif : tous les aspects clés de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la dimension du genre dans la science doivent y figurer obligatoirement. De plus les scientifiques femmes et hommes doivent participer à parité aux instances gouvernantes des structures de l’UE en charge de l’innovation.

Sur l’axe général Renforcer l’Espace européen de la recherche, EPWS demande qu’une ligne de programme liée aux activités « Science, Société et Citoyens », avec un financement spécifique, apparaisse dans Horizon Europe comme elle existe actuellement dans Horizon 2020. Il lui paraît par ailleurs essentiel de mieux communiquer avec la société et de s’adresser aux citoyennes et citoyens directement.

En conclusion, créer dans Horizon Europe une Mission focalisée sur le genre serait une révolution courageuse qui permettrait une évolution accélérée de la science et de la recherche européennes. De façon globale, EPWS demande que le genre et l’égalité femmes-hommes restent une question transversale prise en compte dans l’ensemble du PCRD Horizon Europe.

 

Claudine Hermann – présidente de l’European Platform of Women Scientists EPWS

Quand les candidatures féminines ne manquent pas…

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Il y a quelques semaines, l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) lançait un appel à candidature pour un poste de « chef de groupe». Cette fonction suscite habituellement peu de candidatures, conduisant sans doute parfois le chef de service de l’IGAENR à solliciter la personne qu’il souhaite associer au comité de direction. En tous cas, très rares sont les candidatures de femmes.

Cette fois-ci, à la surprise de tous, de nombreuses femmes inspectrices générales de première classe (donc a priori déjà reconnues comme compétentes) se portent candidates… C’est pourtant la candidature d’un homme qui est retenue : compétent, s’intégrant « harmonieusement » à l’équipe de direction, ayant déjà pris des responsabilités de coordonnateur, il faisait déjà presque partie de l’équipe de direction… une candidature presque « naturelle », donc!

Dans ce contexte, où l’on ne peut pourtant déplorer ni le manque de candidatures féminines de qualité, ni l’absence de vivier, les candidates, inspectrices sénior, échangent entre elles et avec d’autres inspectrices plus jeunes et manifestent leur « étonnement ». Les deux inspectrices générales qui sont aussi membres de l’AFDESRI, écrivent même au chef de service pour souligner qu’avec 2 femmes sur 9 dans l’équipe de direction de l’IGAENR, cette dernière est loin de satisfaire aux exigences du label « égalité professionnelle entre femmes et hommes » auquel candidatent les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Certes, la parité à l’IGAENR se mesure globalement et pas seulement au nombre de femmes dans l’équipe de direction : la place des inspectrices générales, qui partait de très bas, a d’ailleurs progressé ces toutes dernières années, dans les promotions ou par le jeu des mobilités vers des fonctions comme celle de présidente du CNOUS[i]ou celles de rectrice[ii].

Mais il reste encore du chemin à parcourir pour que l’IGAENR soit un modèle dans la mise en œuvre d’une politique publique qu’elle est censée promouvoir dans les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de recherche, comme toutes les politiques publiques promues par le MESRI. L’AFDESRI se réjouit donc que suite , le chef de service de l’IGAENR se soit engagé à faire encore progresser l’équilibre femmes- hommes au sein de l‘IGAENR et de son équipe de direction.

Nous pouvons tirer deux enseignement de cette histoire :

  • premièrement, quand les femmes sont candidates et se mettent en avant dans les prises de responsabilités, les nominations « naturelles », celle des hommes qui cochent déjà toutes les cases, apparaissent moins « naturelles » ;
  • deuxièmement, ensemble et avec l’appui de l’AFDESRI, les femmes peuvent faire bouger les pratiques, même dans les institutions les plus honorables, pour y faire progresser la parité.

Mesdames ! Soyez candidates ! Unissez-vous pour faire progresser la place de toutes ! Et comptez sur l’AFDESRI pour soutenir l’accès des femmes aux responsabilités.


[i]Dominique Marchand vient d’être nommée présidente directrice générale du CNOUS.

[ii]Quatre inspectrices générales de l’IGAENR sont actuellement rectrices : Béatrice Gille, Anne Bisagni, Béatrice Cormier, Christine Gavini-Chevet.